Main sur l’épaule et coup de pied au cul 

Voilà ce qui pourrait résumer mon état d’esprit depuis 2 ans.

Main sur l’épaule pour la bienveillance, les mots rassurants, le regard doux et l’attitude empathique.
Coup de pied au cul pour les secousses, les phrases cinglantes, la culpabilité, le jugement, la réalité, et tous ces non dits souvent bien plus cruels.

La main et les coups de pied peuvent être donnés séparément ou alternativement, par la même personne ou plusieurs et la plupart du temps par moi. Surtout par moi. Surtout les coups de pied! Je suis bien souvent mon propre bourreau. Rassurez-vous les gens aigris et blessant je me suffit à moi-même.

Et Madame Culpabilité, parlons-en! C’est marrant mais là où la majorité des mères se sentent coupables 90% du temps (laisser les enfants à la crèche alors qu’ils toussent, les laisser à Papi et Mamie pour 1 nuit etc…) moi je le vis plutôt bien. Entendons-nous bien, ils me manquent mais le poids de la culpabilité est assez léger par rapport aux autres mamans… Bref, moi la culpabilité je la place ailleurs… c’est peut être pour ça, je n’ai plus assez de place dans mon tiroir à culpabilité.

Ces phases successives je les dois à une invitée surprise dont j’aurai préféré me passer. Elle s’est d’abord faufilée sournoisement l’air de rien puis le temps qu’on mette la main dessus il s’est écoulé 5 ans.

5 ans qu’elle me fatigue, 5 ans d’une lutte contre moi-même et je sais qu’à la fin si je me retourne j’aurai dû cohabiter avec elle quoi qu’il arrive tel un boulet que j’aurai trainer toute ma vie. La maladie. Mais pas un rhume, pas une grippe ni un autre truc virale qui laisse peu de marque. Je ne parle pas non plus d’une maladie qui fait des ravages et raccourcit prématurément la vie, fucking cancer.
Mais je me place au milieu, je pense. J’ai une maladie incurable mais comme je l’avais déjà expliquer ouf, on n’en meurt pas. C’est déjà ça de pris.
Alors oui avec la Spondylarthrite ankylosante je suis sur mes deux jambes, oui j’ai de la chance j’aurai pu tomber sur pire mais voilà je souffre. Je lutte. Je fatigue. Et le plus terrifiant c’est que je me bats contre mon corps qui se bat contre lui-même. Je vous ai perdu? Je pourrai comprendre… Même moi je m’y perds, je m’essouffle.

Je ne sais pas si je publierai cet article mais voilà mon état d’esprit du moment.
La main sur l’épaule les jours où je suis bienveillante avec moi-même avec un bon lâcher prise et m’autoriser de souffler mais jamais trop longtemps, pas trop souvent. C’est là qu’intervient Madame Culpabilité, grande prêtresse du temple de la honte et des « Tu vois tu es faible tu n’as pas assez de volonté, bla bla bla ».
Le coup de pied au cul intervient en général ensuite, quand lasse de la période honte et déprime je m’électrochoc. Alors je vais être combattante, bien manger façon Seignalet, refaire du sport quasi tous les jours… Oui mais je ne tiens pas dans la durée. J’ai bien essayé, plusieurs fois mais c’est dur. Je lutte constamment. Contre moi, contre mon corps, contre la routine bref la volonté s’étiole…

Puis se rajoute les ptits tracas du quotidien. La patience déjà bien mise à l’épreuve par des semaines bien remplies avec un boulot à 35h, une maison, deux beaux enfants pleins de vie.
Alors je dis merde à tous les « Mais ça ne prend que 5 minutes par jour ». Ok alors si on cumule 5 minutes pour la gym du visage, 5 pour les soins du visage, 10 pour le palper rouler afin d’éradiquer la cellulite, 10 pour ranger une pièce, 10 pour préparer les affaires du lendemain etc… Sans compter les séances de sports hebdomadaires, les rendez-vous divers et variés, les soirées entre amis, celles en amoureux, rester belle, fraiche et gaie en toute circonstance parce que quand même on n’a pas à se plaindre! Merde!

Je rêve d’un coach en nutrition, d’un coach sportif qui s’adapterait à mes besoins et mes capacités du jour, d’une personne qui ferait mes courses judicieusement, mon ménage etc…

Manger bien et faire du sport je sais faire. Mais le poids des tâches du quotidien m’épuise.
Quand je m’occupe de moi et de ma maladie il ne reste plus beaucoup de temps pour le reste. Mon mari m’aide énormément mais c’est reporter la charge et ce n’est pas mieux. Lui aussi du coup a peu de moment pour souffler. Une maladie bien envahissante.

Et pour ceux du fond qui aurait louper mon article sur la maladie pour faire court pour ne pas m’ankyloser je dois être en mouvement +++ bouger, bouger et bouger! Alors niveau fatigue vous imaginez. C’est l’effet pervers de cette maladie. Cela me fait penser à la chanson qu’on chante pour se donner du courage : « Vous êtes fatigués, on n’est pas fatigué, vous êtes fatigués, on n’est pas…. » Au bout d’un moment mon corps et mon esprit sont vraiment fatigués. Et quand je m’arrête plus dur est la reprise.

Je m’excuse pour cet article confession intime décousu et écrit avec les émotions du moment. Ces mots pourraient, qui sait, amener un peu de bienveillance chez quelqu’un qui ressent la même-chose. Et j’avoue aussi un besoin égoïste de poser ça là.

Je suis bien consciente qu’avoir deux ptits mecs à deux ans d’écart jouent beaucoup sur la fatigue et j’espère qu’en grandissant j’aurai plus de temps à consacrer à ma santé.

Haut les cœurs ne nous laissons pas abattre! Jamais.
Quant à moi il ne me reste plus qu’à réussir à trouver un équilibre entre main sur l’épaule et coup de pied au cul!

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

 

 






2 commentaires
Sur l'article Main sur l’épaule et coup de pied au cul 

  1. Lauriane
    22 mai 2017 at 10 h 36 min (5 mois ago)


    Calin virtuel ma belle ! ❤

    Répondre
  2. MissBrownie
    22 mai 2017 at 14 h 27 min (5 mois ago)

    Chaudoudoux
    Et moi aussi je dis merde à tous les « mais ça ne prend que 5min par jour »

    Répondre

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